Note de Présentation « Dom Juan-Elvire 1699, une rencontre imprévue »
Comédie dramatique. Cie T2A. Avec Michel Caron dans le rôle de Dom Juan, Louise R. Caron dans celui d’Elvire et Séverine Goujon dans le rôle d’Amalia.
Une suite contemporaine au Dom Juan de Molière formidablement drôle de cruauté. Le retour de Dom Juan est le pari pleinement réussi de Louise R. Caron l’auteure et le metteur en scène de cette pièce interprétée par la Cie T2A. Partant de l’hypothèse que Dom Juan ait échappé aux Enfers, l’auteure le fait ressurgir à Séville trente ans plus tard. Si l’âge a marqué ses traits, sa passion des femmes est restée intacte. Par une soirée d’orage, il vient rendre visite à Elvire – amoureuse délaissée – qu’il avait épousée après l’avoir enlevée du couvent quand elle n’avait que seize ans. Elle touche à présent à la cinquantaine. Elle est (mal) mariée avec un riche et vieux marchand, le Senior Alvarez. Qu’Elvire ait pu se consoler de son abandon, pire qu’elle ait renoncé à prier pour lui dans un austère couvent, comme elle s’y était engagée, pour de « s’embourgeoiser » avec un rustre donne à Dom Juan une telle blessure d’amour-propre qu’il ne peut le supporter. Dans l’âme noire de ce libertin se glisse l’idée de la vengeance. Comment va-t-il s’y prendre ? Quel rôle va jouer la jeune Amalia, servante et confidente d’Elvire, l’étrange Amalia qui a étudié les mathématiques et la philosophie et qui sait tirer l’épée aussi bien qu’un chevalier ? Peut-on imaginer qu’Elvire soit aussi crédule qu’au temps de sa jeunesse ? L’intrigue tient les spectateurs en haleine jusqu’au dénouement inattendu qui préserve le mythe.
Les trois comédiens font vivre et résonner les mots de cette comédie dramatique écrite dans un français que Molière n’aurait pas désavoué et qui pose avec élégance des questions sur le monde d’aujourd’hui. L’absence de concession, l’insoumission aux lois de la morale dominante condamnent-elles l’individu à la marginalité ? Est-ce que vieillir assagi ? Que signifie prendre de l’âge dans notre monde où l’ambition est de rester jeune à tout prix ? Faut-il se renier pour complaire à l’être aimé ?
Nous ne voyons pas sur scène un 17ème siècle finissant, mais le reflet de notre monde. C’est une comédie humaine pleine d’émotion où l’on rit des autres et de soi.

